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 Qu'avons nous fait de nous ? # Leamon.

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MessageSujet: Qu'avons nous fait de nous ? # Leamon.    Mar 1 Sep - 18:57





 Leamon
Je sais bien que tout nous sépare. Je sais qu’il faudrait s’enfuir. Mais je n’irai plus nulle part. Sans vouloir lui revenir. Sans vouloir nous retenir

Le silence. C’était cela qui était le plus dur à vivre pour Eléanor. Le fait de n’avoir rien à se dire. Strictement rien. Pour tout le reste, elle savait faire. Faire semblant que tout allait bien. Faire semblant que cette nuit passée en Grèce n’était pas grave, sans importance, parce que pour le Polonais cela semblait être la pire erreur de sa vie. Tout ça, elle y arrivait, à faire face, à tenir le coup, surtout grâce à son fils. Mais le plus dur c’était ces moments où ils se retrouvaient tous les deux et où elle n’avait rien à dire. Parce qu’elle n’y arrivait pas…

Alors elle avait prit une décision, celle qu’elle aurait du prendre il y a bien longtemps, et avait poussé la porte d’une agence immobilière. Il était l’heure qu’elle prenne son envol et se trouve son propre appartement pour vivre avec Lukas et en prendre soin. Mais surtout pour être loin de Szymon. Son meilleur ami était devenu autre chose. Il fallait se rendre à l’évidence. Plus rien ne serait comme avant, surtout pour Léa. Mais il restait son meilleur ami, et le parrain de son fils. Alors même s’ils avaient couchés ensembles, même si le polonais semblait vouloir oublier cette nuit, même si le cœur de la petite brune allait se briser, elle continuerait de l’avoir dans sa vie. De toute façon elle était bien incapable d’être loin du jeune homme.

La journée avait passé, longue et instructive. Des appartements, Léa en avait visité. Et son choix s’était peut-être porté sur l’un d’eux. Mais il fallait qu’elle en parle à quelqu’un, qu’elle demande son avis à un ami. A son meilleur ami. Récupérant Lukas qu’elle avait laissé à Lana pour la journée, la petite espagnole regagna l’appartement qu’elle partageait avec le polonais. Laissant la poussette dans l’entrée, elle déshabilla son fils avant de le poser dans le parc qui se trouvait dans le salon. Il était encore bien trop petit pour s’y amuser, mais au moins il ne risquait rien. Entendant du bruit dans la cuisine, la demoiselle attrapa ses papiers et s’y dirigea pour retrouver Szymon en train de faire la vaisselle.

_ Hey le polonais ! Ca c’est bien passé ta journée ?

Comme si de rien n’était. Comme si la nuit qu’ils avaient partagée n’hantait pas ces pensées en permanence. Comme si son cœur n’était pas en train d’hurler à la mort son amour pour son meilleur ami. Un sourire sur les lèvres alors qu’il se retourne. Elle pose le dossier sur la table, prend un verre dans le placard et se serre du jus de fruit avant de prendre place sur la chaise. Un coup d’œil à l’horloge lui indique qu’elle a encore au moins une heure avant de nourrir Lukas, ce qui lui laissait le temps de réfléchir.

_ J’aurais besoin d’un coup d’main, si ça te dérange pas. J’hésite entre deux apparts.


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Dernière édition par N. Eléanor Artega le Jeu 3 Sep - 7:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Qu'avons nous fait de nous ? # Leamon.    Mer 2 Sep - 15:31


i foud love where it wasn't supposed to be

J'ai poussé la porte de l'appartement, avant de la fermer derrière moi. L'après-midi se terminait, tout comme ma journée de travail. C'était étrange, de reprendre des habitudes telles que celles-ci alors que j'avais l'impression qu'hier, j'étais encore assis les fesses sur le sable d'un foutue crique, après avoir été resté coincé dessus toute une nuit avec les meilleurs amis que j'avais autour de moi. Certains adoraient rentrer chez eux, trouvaient que retrouver ses marques, les gens, les choses que l'on connaissait était un véritable plaisir. D'autres détestaient retourner chez eux, nostalgique aux souvenirs de leurs vacances, désireux de faire demi-tour, regrettant que ça n'ait pas duré plus longtemps. Moi, ce que j'en pensais ? Préférais-je me sentir comme un idiot ici ou là-bas ? Accepterais-je mieux l'idée de ne plus pouvoir regarder ma meilleure amie dans les yeux sans mourir de honte à Mykonos ou à Winston Oaks Hills ? J'étais persuadé que l'endroit où je me trouvais ne changerait rien à cette situation - que je ne pouvais plus supporter, soit dit en passant. Je rentrais chez moi tous les soirs, et pourtant, je me sentais comme un étranger. Comme quelque part où je ne devrais pas être. C'était absurde, c'était pourtant bien mon appartement. C'était mon nom qu'il y avait d'écrit sur l'interphone, la boîte aux lettres, ainsi que sur les factures. Et pourtant, ça n'allait pas. Je comprenais en quoi est-ce que ces vacances en Grèce avait pu faire du bien à Eléanor. J'avais l'impression d'étouffer, presque, comme si soudainement ma vie "normale" semblait totalement hors contexte.

J'ai posé mes clefs sur le petit meuble de l'entrée, ne m'attardant qu'à moitié sur le fait que la veste de ma colocataire, ainsi que celle de son fils, n'étaient plus accrochés sur le porte-manteau. Sortis. Où, je n'en avais aucune idée. Peut-être songerai-je à le lui demander, ce soir, si elle ne se ruait pas dans une pièce où je ne me trouvais pas, comme elle le faisait depuis que l'on était rentrés. Autour d'elle aussi, je me sentais comme un étranger. Mais pas autour de Lukas, bizarrement. Quand elle partait travailler, le soir, et que lui restait seul avec moi à l'appartement, je gardais un oeil sur lui. En vérité, je n'arrivais à arrêter de le regarder - inquiet et totalement sous le charme du bambin. Cet enfant était un don du ciel. Le moins bruyant qu'on puisse espérer, déjà souriant. Un don, sincèrement. J'ouvrais la fermeture de mon sac à dos pour en sortir mon tablier, que j'ai accroché au porte-manteau, et j'essayais encore d'en sortir la boîte vide - qui avait contenu mon repas du midi - alors que je rentrais dans la cuisine. J'ai soupiré en me souvenant, après un rapide coup d'oeil vers l'évier, que la vaisselle de ce matin n'était pas faite. Je m'étais dit "T'as pas l'temps, Szymon, tu la feras ce soir après le boulot. Mais ce n'était pas le temps que je n'avais pas, cette fois. C'était la foi. J'ai balancé mon sac désormais vidé dans le couloir, presque en plein dans sa place réservée, avant de me planter devant le comptoir, de remplir l'évier d'eau, de me retrousser les manches et de commencer la vaisselle. C'était inutile, puisqu'il faudra la faire après le dîner. Mais je me connaissais. Il n'y avait rien d'autre à faire que lire, regarder la télé ou vagabonder dans l'appartement, et ça allait finir en pensées beaucoup trop sombres pour passer une soirée supportable. Alors je me suis mis au travail.

C'est seulement quelques minutes plus tard que j'ai entendu la porte s'ouvrir et se refermer. J'ai respiré un grand coup quand j'ai entendu Eléanor marcher dans la salon, avant d'esquisser un rapide sourire en entendant mon filleul gargouiller. Ils étaient rentrés. Chouette, pas chouette ? Peu importe. J'étais tellement crevé que j'irais très certainement me coucher aussi tôt que possible. Et j'insisterais pour prendre le fauteuil de la chambre à Lukas, cette nuit. J'étais en repos, demain, là où Léa ne l'était pas. Fallait pas pousser, non plus. J'étais toujours en train de laver ma tasse - pour la troisième fois, il me semble, trop occupé à penser au deux Artega qui venaient de pénétrer dans mon appartement - quand l'espagnole a fait irruption dans la cuisine. J'es esquissé un nouveau minuscule sourire à l'entente de mon surnom, sans pouvoir me retenir. Et je l'avais toujours gravé sur mes lèvres quand je me suis retourné pour lui faire face. « On peut dire ça. J'ai renversé de café sur personne, je mériterais un muffin gratuit. » Surtout qu'ils étaient merveilleux, les muffins, ceux qui étaient devant moi à longuer de temps mais auxquels je ne pouvais pas toucher. « Et toi ? Vous êtes allés où, comme ça ? » Ca me semblait absurde, d'avoir une conversation telle que celle-ci, après ce qui s'était passé. Mais ça n'avait pas l'air de l'être pour elle, alors je suivais. Peut-être qu'à force de faire comme si tout allait bien, tout irait réellement bien. En guise de réponse, elle a simplement posé un tas de feuilles sur la table, avant de se servir un jus de fruit. J'ai haussé les épaules, attendant qu'elle m'explique. Et elle l'a fait. Et je ne sais pas si c'est au mots "coup de main" ou "appart" que mes mains ont soudainement cesser de vouloir fonctionner et ont laissé la tasse tomber dans l'évier. Je l'ai entendu se casser alors que j'avais encore les yeux rivés sur elle. Je me suis empressé de me retourner afin de constater les dégâts. Bon. Au moins, l'évier n'avait rien. J'ai ramassé les morceaux, en refaisant tomber quelques uns par inadvertance, avant de les jeter dans la poubelle et de me retourner vers la brune, serrant les lèvres, assis sur le rebord du plan de travail. « Pas de problèmes. Tu me les montres ? » Des apparts. Elle en avait visité aujourd'hui. Elle en cherchait un.

Elle partait.
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MessageSujet: Re: Qu'avons nous fait de nous ? # Leamon.    Jeu 3 Sep - 16:18





 Leamon
Je sais bien que tout nous sépare. Je sais qu’il faudrait s’enfuir. Mais je n’irai plus nulle part. Sans vouloir lui revenir. Sans vouloir nous retenir

Parfois, une situation, un mot, un simple geste vous ramène une époque lointaine. Le genre de moment où l’on était heureux, où tout allait bien. Parfois, en ouvrant la porte d’entrée de l’appartement qu’elle partager avec son meilleur ami, Eléanor se souvenait, qu’il y a à peine un mois, elle était contente de rentrer, de retrouver son petit cocon, auprès de son fils, et bien avant lui, de Szymon. Son meilleur ami. Elle ne se souvenait même plus de comment ils en étaient arrivés là, mais elle s’en foutait la brune, parce que désormais il faisait partit de sa vie, et jamais elle ne voulait qu’il s’en éloigne. Même lorsqu’elle s’était pointé enceinte et une valise dans les bras, il l’avait accueillie, recueillie et adopté. Même lorsqu’elle lui avait dit qu’elle voulait garder cet enfant, il l’avait encouragé, lui disant qu’elle en serait capable. Même lorsqu’elle avait tout en envoyé boulet, le temps d’une soirée, il était allée la chercher pour la ramener à la maison. La maison… C’était presque devenu chez elle cet appartement, ce petit foyer qu’elle formait avec le polonais et sa petite sœur. Avant le voyage en Grèce. Avant cette fin de soirée sur la plage. Avant la nuit qu’ils avaient partagée.

Alors Eléanor avait prit son petit courage entre les mains et était allé pousser la porte d’une agence immobilière afin de trouver son ‘chez soit’. Celui où elle pourrait vivre avec son fils sans avoir la hantise de tomber sur son meilleur ami à chaque fois qu’elle changeait de pièce. Là où elle pourrait panser tranquillement son petit cœur brisé. Là où elle pourrait se construire, toute seule comme une grande. Ce matin, Léa avait déposé Lukas à Lana pour qu’elle le garde, le temps de faire quelques visites et cela lui avait prit la journée. Elle ne devait pas prendre cette décision à la légère, et elle ne pouvait pas non plus se permettre de faire des folies.

En rentrant, elle déposa son fils avant de se rendre dans cuisine où elle avait entendue du bruit, pour y retrouver le polonais. Elle le salua et lui rendit son sourire qui n’atteignit pas ses yeux. Non le regard qu’elle posa sur lui ne disait pas qu’elle était contente de le voir, mais à quel point elle l’aimait et qu’elle regrettait cette situation… Elle s’installa à table, avec ses papiers alors qu’il répondait à sa question. Un sourire, un vrai cette fois s’étira sur ses lèvres. Puis elle remonta ses genoux contre elle pour y poser le menton.

_ Bien. Lukas était avec Lana aujourd’hui. J’avais quelques visites à faire.

Pour un appartement, parce que je n’en peux plus de cette situation Szymon. Parce que je n’arrive plus à vivre si près de toi sans pouvoir te prendre dans mes bras, sans pouvoir t’embrasser, sans pouvoir te dire ce que je ressens depuis des mois… La belle s’empare du verre qu’elle s’est servit avant de reprendre son souffle, ce qu’elle s’apprête à faire, à dire, ça lui fait mal, mais elle n’a pas le choix. Son regard se relève pour se poser sur le polonais alors qu’elle entend une tasse se briser au fond de l’évier. Elle le regard faire, alors qu’il jette le tout dans la poubelle, avant de lui faire face, une expression étrange sur le visage. Léa tente de la déchiffrer avant d’abandonner pour hocher la tête et étaler devant elle, sur la table, les différentes descriptions des appartements qu’elle à visiter toute la journée. Elle ne regarde que ces bouts de papier, pour ne pas flancher. Puis elle se met à parler, d’une voix tremblante.

_ Y’a c’lui là qu’est pas mal. Il est grand et pas trop cher. Mais c’lui là, j’crois qu’il est mieux situé.

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MessageSujet: Re: Qu'avons nous fait de nous ? # Leamon.    Dim 6 Sep - 18:28


what did happen to us ?

Elle a hoché la tête à ma question avant d'ouvrir les pochettes qu'elle avait posé sur la table, et d'étaler tous les papiers qu'elles contenaient. J'en ai profité pour m'essuyer les mains et m'asseoir en face d'elle, prenant bien garde à ce que nos genoux, ou même nos pieds, ne se touchent pas. Avant, ça ne faisait rien. Au contraire, on en faisait exprès, que nos genoux se touchent. Pour embêter l'autre un maximum. Mais cette complicité, et la taquinerie qui régnait sans cesse dans cet appartement, auparavant s'était comme évaporée. Voilà où tout ce bordel nous avait mené. A faire des visites d'appartements pour l'une, et à n'oser aucun contact pour l'autre. Merveilleux. On a tous les deux les yeux rivés sur les fiches. On ne dit rien. Personnellement, je ne trouve rien à dire. Je ne m'attendais réellement pas à ce que ma table soit recouverte de papiers immobiliers ce soir. Même si, d'un autre côté, j'aurais pu le prédire. La situation était devenue insupportable, et je supposais autant pour elle que pour moi. Je fais migrer mes yeux vers les photos que son doigt me désigne.  Grand et pas trop cher. J’acquiesce. C'est vrai qu'il était pas mal. Mieux situé. Je plisse les sourcils, avant de passer une main sur mon visage, puis derrière ma nuque. J'avais l'impression d'être au mauvais endroit. La pièce me paraissait trop petite, l'air trop lourd. Ça n'allait pas. Rien n'allait. Elle ne pouvait pas juste partir. Fallait qu'elle reste.

Mais je ne pouvais pas juste lui dire ça. Encore une fois, je réfléchissais trop, me préoccupais trop de ce qui allait se passer si je jouais la carte de l'imprudence - celle que je ne jouais jamais, celle que je gardais bien au chaud, pour les grandes occasions. Et, apparemment, aujourd'hui n'était pas une assez grande occasion pour jouer franc-jeu. Alors j'ai fait ce que je faisais le mieux depuis que j'étais arrivé ici : trouver des excuses. J'en avais trouvé pour m'éloigner d'Ismaëlle au tout début, j'en trouverais pour qu'Eléanor ne s'éloigne pas de moi aujourd'hui. Je me suis emparé de la fiche du premier appartement qu'elle m'avait désigné, sur lequel je ne m'étais véritablement arrêté que sur les photos et le prix. Je parcourt les informations du regard. Deux chambres, une salle de bain. Espace salon-cuisine tout à fait gigantesque : ce qui voulait dire, de la place pour les jouets, le parc, la poussette, et cetera. Clairement, il était presque irréprochable. La pépite, je l'ai trouvé dans l'adresse. « Il est loin. De ton boulot, je veux dire. Et d'ici. » Ce que je voulais dire, c'était que Lukas resterait mon filleul quoiqu'il arrive, et que je ne comptais pas les laisser filer comme ça, tous les deux. Mais s'ils emménageaient de l'autre côté de la ville, ça serait moins pratique. Fausse excuse, évidemment. J'avais des jambes, une voiture, toutes en parfait état. Mais j'avais décidé de la retenir - et ce, à n'importe quel prix.

Une fois le premier revu en long et en large, je me suis attardé sur le deuxième, dont j'ai également saisi la fiche. En effet, il était mieux situer. Pas très loin du cinéma, du centre commercial, et de mon immeuble. Cette fois-ci, j'essaierai de trouver une hamartia dans l'intérieur. J'ai baladé mon regard sur les photos. Elles étaient nombreuses, étrangement. Il fallait bien avouer qu'il n'y avait pas grand chose à reprocher à celui-là non plus. C'était Léa, en même temps. Depuis le temps, j'avais compris qu'elle n'avait pas peu de goût. Je lance un regard au prix. Acceptable. Franchement très acceptable. C'était insupportable, de se dire qu'elle pourrait aller y vivre, peu importe quand. Ce serait toujours trop tôt, de toutes manières. Alors je continue, même si je n'en pense pas un mot. « Et lui, il vaut vraiment pas son prix. Tu te ferais avoir. » Fallait pas qu'elle parte. Fallait pas.
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MessageSujet: Re: Qu'avons nous fait de nous ? # Leamon.    Dim 13 Sep - 13:47





 Leamon
Je sais bien que tout nous sépare. Je sais qu’il faudrait s’enfuir. Mais je n’irai plus nulle part. Sans vouloir lui revenir. Sans vouloir nous retenir

La belle vie c'était terminé pour la petite brune. Il fallait se rendre à l'évidence. En quittant la maison familiale pour le foyer que formaient le polonais et sa sœur, elle avait vécu les meilleurs moments de son existence, malgré le fait qu'elle soit enceinte et sans avenir. Mais le fait de vivre avec son meilleur ami, cela l'avait aidé, à avancer, à oublier tous ses problèmes, jusqu'à ce que Szymon ne devienne le problème. Il était temps que L'espagnole parte, qu'elle se trouve son chez elle et fonde son propre foyer avec son fils. Eleanor ne pouvait plus être la colocataire du polonais. Quant au fait qu'il était son meilleur ami, cela ne pouvait changer, tout comme le fait qu'il était le parrain de son fils. Mais pour le reste... C'était trop dur.
Les papiers étalés sur la table devant elle lui faisaient autant mal aux yeux qu'au cœur. Elle ne le voulait pas, tout ça, mais Léa n'avait pas le choix, pas alors que ni l'un ni l'autre n'osaient parler de cette nuit là, pas alors qu'elle ne pouvait lui dire ce qu'elle ressentait réellement pour le jeune homme de peur qu'il la rejette une nouvelle fois. Les genoux remontés contre elle, Eleanor fixe le jeune homme alors qu'elle lui montre les deux fiches qui l'intéressent le plus. Deux appartements différents dans lesquels elle ne se voit pas vivre sans Szy... Il se passe la main sur le visage, dans le cou et elle se met à sourire, bêtement, Parce qu'elle adore quand il fait ça, l'air qu'il peut avoir sur le visage...
Son regard se baisse, elle se force à le fixer sur les bouts de papiers, attendant qu'il dise quelque chose, n'importe quoi, qu'il l'aide dans son choix. Dans le fond, la petite espagnole s'en fout de faire un choix, tant que c'est dans ses prix, tant qu'il y a une chambre pour son fils, tant qu'elle se trouve loin de son polonais... Une voix lui fait lever la tête. Trois mots. Puis d'autres. Comme s'il cherchait à se justifier, à trouver une raison pour ce qu'il venait de dire. Mais Léa avait du le rêver, pour qu'elle raison aurait elle était trop loin. Et de quoi. La réponse vint plus rapidement qu'elle ne l'aurait pensé et son cœur rata un battement.

Le regard de la brune s'accrocha au sien, le temps de quelques secondes avant qu'elle ne reprenne possession de son corps et hoche la tête, en approbation avec ce qu'il dit. Oui c'est loin d'ici, ce qui était un peu le but recherché. Mais d'un autre côté, il ne faut pas oublier que Szymon est le parrain de Lukas et qu'il veuille le voir souvent.

_ C'est vrai...

C'est tout ce qu'elle trouve à dire, l'enfant. Il n’avait pas tord, dans le fond, il fallait aussi qu’elle prenne cela en compte, tout comme le fait qu’elle resterait près de son grand frère, en dépit du fait qu’elle voulait prendre le plus de distance possible avec le garçon qu’Eléanor aimait. Le silence reprit sa place alors que le polonais se plonger dans l’étude de la deuxième fiche. D’ailleurs c’était probablement vers cet appartement que se portait le choix de la demoiselle, pas très loin de tout, elle n’aurait pas à courir à travers toute la ville pour faire garder son fils le temps d’aller travailler. Elle regarda les photos, de loin, alors que Szymon en faisait de même, attendant un verdict. Et celui-ci l’étonna un peu. Il ne vaut pas son prix ? Vraiment ?

Léa attrapa la dite feuille pour l’étudier plus attentivement. Pourtant tout lui semblait correct, mais elle voulait faire confiance à son meilleur ami, comme avant. Alors elle reposa le bout de papier et haussa les épaules.

_ Faut qu’j’cherche encore alors. Y’en a bien d’autres là, mais ils me plaisent pas tant que ça…

En faite, aucun ne lui plaisait autant que celui qu’elle partageait avec le polonais et qui n’était même pas le sien. Elle s’était contentée de s’incruster, un jour, avec son sac, juste le temps de quelques nuits qui s’étaient étirés en quelques mois. Léa attrapa son verre pour en boire une gorgée, avant de le reposer et de se mettre à sourire à l’idée qu’elle venait d’avoir. Tellement irréaliste, tellement marrante qu’elle ne put s’empêcher de l’exprimer à haute voix :

_ On dirait presque qu’ tu cherche à m’empêcher d’partir.

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MessageSujet: Re: Qu'avons nous fait de nous ? # Leamon.    Dim 13 Sep - 15:40


what did happen to us ?

C'était pas tellement mon genre, d'être égoïste à un point pareil. Non, je n'étais pas égoïste pour le moins du monde, et c'était une qualité dont je n'étais pas peu fier. Les autres passaient toujours avant, ça avait toujours été ainsi - que ce soit avec ma famille, mes amis, où même les gens de la rue. Une fois, j'avais beau avoir quelque chose comme un quart d'heure de retard pour un entretien d'embauche, je m'étais arrêté de courir de les rues de Cracovie pour aider une dame à traverser, elle qui n'arrivait pas à passer par-dessus les trottoirs avec son déambulateur. J'étais comme ça, je ne supportais simplement pas l'idée de laisser les gens dans la merde. Ça avait valu pour Eléanor aussi. Elle s'était pointée avec son sac et son début de grossesse, je lui avait ouvert la porte et prêter mon lit. Parce que en plus d'être quelqu'un d'autre que moi, c'était Léa, qui comptait déjà énormément pour moi à ce stade.

Si j'avais suivi mes règles habituelles, je l'aurais laissée chercher un appartement en ville et quitter celui-ci. Le fait qu'elle veuille partir était tout à fait compréhensible après ce qu'il s'était passé, même si ce n'était l'affaire que de quelques heures. Elles étaient les quelques heures qui nous hantait depuis presque un mois maintenant. Pour être tout à fait honnête, j'aurais cru qu'elle partirait plus vite. L'idée ne m'avait jamais vraiment effleuré l'esprit auparavant, mais maintenant que cela semblait être à l'ordre du jour, je me demandais, pourquoi seulement maintenant ? Je l'aurais laissée partir de toute façon, en règle générale. Parce que si c'était ce qu'elle voulait, alors elle le devait. Mais il semblait que les règles générales ne s'appliquaient pas, aujourd'hui. Qu'exceptionnellement, je faisais passer mon bonheur avant le sien, sans réellement savoir si c'était une bonne chose ou pas. Et le seule moyen que j'avais trouvé pour parvenir à cette tâche, c'était la retenir. Démonter ces appartements qu'elle avait visités pour lui faire se rendre compte que rien n'étais mieux qu'ici - même si, je le savais, il existait bien mieux qu'ici. Alors je cherchais des défauts aux deux biens qu'elle me présentait, même s'ils étaient relativement infondés. C'était stupide. Egoïste.

Mais je n'arrivais pas à me faire à l'idée d'un appart vide de Léa et Lukas. Un appart où j'étais tout seul, sans bruit, sans rires, sans rien. Bientôt Anakin ne pourrait plus passer quand bon lui semble, Lana aménageant bientôt. Ma soeur était repartie en Pologne. Ismaëlle ne venait jamais, on se voyait souvent en ville. Et Léa, ça serait compliqué. Parce que vivre éloignés signifiait que nous réduisions encore nos chances de discuter, de mettre les choses au point, et l'écart qui commençait à se former entre nous se creuserait encore et encore jusqu'à devenir infranchissable. Et c'était hors de question.

J'hoche la tête alors qu'elle se décider à continuer de chercher, jetant un rapide coup d'oeil aux autres annonces qui traînaient sur la table, sans leur donner la moindre attention. Si le sujet était clos pour le moment, c'était tant mieux. Peut-être que la prochaine, je serais assez d'attaque pour lui faire comprendre que je ne voulais pas qu'elle parte. Que je n'arriverais pas à faire comme si de rien n'étais si elle vivait ailleurs qu'avec moi. Que j'avais besoin d'elle ici, à côté de moi, que ce soit à table, devant un film, où au réveil. Tout le temps, sans cesse, jusqu'à que la vie elle-même ne s'arrête. Je me suis levé de sur ma chaise, lui souriant timidement, avant de retourner à ma vaisselle. Il me restait encore une assiette et quelques couverts, en plus du biberon de Lukas de ce matin. J'ai soupiré encore une fois, essayant de faire s'arrêter la phrase qui tournait en boucle dans ma tête. Elle part. Elle part. Elle part. Ca ne s'arrêtait pas, et plus je l'entendais, plus ça me semblait fatal. Je ne pourrais rien y faire. Je l'ai entendu prendre un gorgée de son verre avant de le poser sur la table. J'allais devoir le laver aussi. Ma vaisselle durerait plus longtemps, tout comme mon excuse pour ne pas avoir à la regarder. Et puis, elle a parlé de nouveau. J'arrivais à entendre son sourire dans ces mots, et j'ai pincé mes lèvres alors que leur signification atteignait mon cerveau. Etait-ce un véritable constat, une blague, une idée saugrenue, une taquinerie ? Seul Dieu le savait. Pas moi. Je ne savais comment le prendre. Mais qu'est-ce que je risquais ? J'ai pris une nouvelle grande inspiration avant de lâcher, le plus sérieusement du monde : « P't'être bien. »

C'était presque sorti tout seul. Je n'avais pas réfléchi. Encore une habitude que je brisais aujourd'hui. Je n'avais pas arrêté ma vaisselle. J'avais continuer de savonner, frotter, essuyer, sans tourner la tête. Elle n'a rien répondu. Ni mot, ni rire, ni aucun bruit qui me signifiait qu'elle avait bougé. Je sentais presque ses pupilles bleues me brûler la nuque, probablement là où son regard était rivé. Merde. Grillé. Comme d'habitude, j'avais suivi son jeu, cette fois sans savoir si c'en était réellement un. J'avais fait confiance à la spontanéité que je cachais, quelque part au fond de moi. Et, avec spontanéité, j'ai pensé : et alors ? Qu'est-ce que ça faisait, d'être spontané, quelques fois dans une vie bien réglée et bien pensée ? Une petite voix m'a répondu. Ça finissait dans un lit, dans une chambre d'hôtel en Grèce. Et encore une fois, comme un refrain : et alors ? J'ai fini par me retourner, les mains pleines de mousse posées sur le rebords du comptoir - et, pour la première fois depuis mon anniversaire, j'ai fait en sorte que nos yeux se croisent, se lient, s'attachent. « Reste. S'il te plaît. »
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MessageSujet: Re: Qu'avons nous fait de nous ? # Leamon.    Dim 13 Sep - 17:32





 Leamon
Je sais bien que tout nous sépare. Je sais qu’il faudrait s’enfuir. Mais je n’irai plus nulle part. Sans vouloir lui revenir. Sans vouloir nous retenir

Des appartements, il y en avait quantités dans la ville, qui n’attendait qu’une seule chose : que quelqu’un vienne s’installer et y construise sa vie. La petite brune n’y avait encore jamais pensé jusque là. Il n’y a encore pas si longtemps, elle vivait chez ses parents, où elle n’avait rien d’autre à faire que de penser à ses cours, ou à ses sorties et la façon dont elle allait pouvoir s’habiller ou expliquer le fait qu’elle passe la nuit dehors. Puis il y avait eu ce soir là, où elle avait tout saccagé, toute sa chambre, toute son enfance, à cause d’un petit bâton de plastique et deux traits bleus. De ce moment là, elle avait quitté le confort qu’elle avait toujours connu, pour se réfugier son meilleur ami. Sur le coup, Eléanor n’avait vu aucun autre endroit où se rendre. Pourtant, ce n’était pas le choix qui manquait. Elle aurait pu aller chez un ou une amie, mais ils ne l’auraient probablement pas comprit. Il y avait aussi ses frères, bien que l’un d’eux ne lui adressait plus tellement la parole, elle savait qu’elle aurait pu passer quelques nuits chez lui, ou même chez Matéo. Mais l’auraient-elle encore accepté une fois apprit ce qu’elle cachait ? Probablement pas. Quant au père de l’enfant… L’idée lui avait traversé l’esprit avant de la repousser aussitôt. Au fond, elle ne le connaissait pas tant que ça. Sans réfléchir, ses pas l’avaient mené chez Szymon, le seul qu’elle voulait voir, le seul à qui elle était prête à parler.

Séjour de quelques jours, au départ, sa cohabitation avec le polonais avait finalement duré plusieurs mois. Et cela aurait probablement continué s’il n’y avait pas eu… Si Léa n’avait pas tout gâché pour une seule nuit. Après tout c’est ce qu’elle faisait de mieux non ? Quant au fait d’avoir mis autant de temps depuis leur retour pour se mettre à chercher un appartement, la brune n’avait pas vraiment d’explications. Peut-être espérait-elle, au fond d’elle, que ça irait mieux, qu’ils arriveraient enfin à parler et tout arranger. Mais cela n’avait pas été le cas, et au lieu de souffrir toujours un peu plus chaque jour, elle avait prit sa décision. Elle partait. Parce qu’il le fallait. Sinon elle deviendrait folle. Sinon elle ne pourrait plus jamais s’en sortir. C’est avec cette idée dans la tête, que l’espagnole avait passé l’après midi à visiter des appartements, prendre des notes et réfléchir. Elle n’était plus toute seule désormais et ne pouvait pas prendre de décision à la légère. Il fallait qu’elle pense à son fils et à son avenir. Alors la petite brune avait opté pour deux appartements, les autres ne correspondant que moyennement à ses critères. Et par pure habitude, elle avait demandé conseil à son meilleur ami, qui ne s’était pas gêné pour les démonter tous les deux.

Elle savait qu’il n’avait peut-être pas tord, mais cela la fit rire de voir qu’il ne trouvait pratiquement pas de points positifs. Comme s’il essayait de faire en sorte qu’elle ne prenne pas de décision, qu’elle ne parte pas, ne s’éloigne pas de lui. Cela lui tira un sourire alors qu’elle reposait son verre et que le polonais avait reprit sa place devant l’évier. Léa laissa s’échappa cette idée à voix haute, ne pouvant pas une seule seconde imaginer que cela puisse être vrai. Il ne pouvait pas vouloir qu’elle reste, pas alors qu’ils s’évitaient mutuellement depuis le retour du voyage en Grèce. Pas alors qu’il avait prit la fuite au matin pour ne jamais tenté d’en parler. Cela faisait mal au petit cœur de la brune à chaque fois qu’elle y pensait, se demandant s’il le regrettait tellement que ça, si même… Elle le dégoutait au point qu’il ne pouvait plus la regarder dans les yeux. C’était encore possible, entre ces deux là il n’avait jamais été question de cela, pourquoi l’espagnole aurait-elle cru qu’elle pouvait lui plaire alors. Puis, parfois, lorsqu’elle était au plus mal, elle se disait qu’il la prenait pour ce qu’elle avait été : une fille facile. Dans ce cas là, il n’y avait donc pas à en parler, puisque ce n’était que l’histoire d’une nuit…

Son regard se portait sur les papiers devant elle lorsque la voix de Szymon s’éleva dans les airs. P't'être bien. Eléanor ne comprenait pas. Ce que cela signifiait. Pourquoi il disait cela. Se jouait-il d’elle ? Non pas lui… Il n’était pas comme ça… Du moins elle avait cru qu’il n’était pas beaucoup de choses son polonais, pas du genre à abandonner la fille avec qui il venait de passer la nuit. Comme quoi, on ne connaissait pas toujours aussi bien qu’on pouvait le croire les gens qui nous entourent.

Le silence dura, encore et encore. Léa n’était capable de rien faire d’autre que le fixé. Du moins sa nuque, puisqu’elle ne voyait que cela. Elle attendait qu’il dise autre chose, qu’il s’explique, qu’il se mette à rire, pour lui montrer que c’était une blague. Mais non, rien ne venait. Il continuer de laver, encore et encore. Elle se remit à respirer l’enfant, sans même se rendre compte qu’elle avait arrêté. Un gazouillis venant de la pièce d’à côté la sortit de son incompréhension. Qu’elle parle. Dise quelque chose. Ou bien rire. Merde, c’était le bordel dans sa tête, et son regard ne le quittait pas, comme si Léa pouvait alors lire dans ses pensées, ou voir l’expression de son visage. Mais rien ne venait, rien de ne sortait de sa bouche, le tout restant coincé dans sa gorge, comme si son corps lui-même lui disait de ne pas continuer sur cette voie là, que cela ne la ferait que souffrir un peu plus.

Puis enfin sa bouge, il se tourne et lui fait face. Elle se sent si petite, sur cette chaise, replié sur elle-même comme une enfant malade ou terrifiée. Mais c’est ce qu’elle était un peu, terrifièe, de ce qui pourrait se passer par la suite, de ce qui s’apprêtait à sortir de la bouche du polonais… Pour la première fois depuis bien trop longtemps, leurs regard se croisent, et la petite brune ne le lâche pas, essaie de le comprendre, de le déchiffrer. Elle a un mouvement de recul alors qu’il lui demande de rester. Rester. Pourquoi. Pourquoi maintenant. Pourquoi là. Elle ne trouve rien d’autre à faire que de se lever de sa chaise, faisant toujours face à son meilleur ami, le regard planté dans le sien, parce qu’elle sait que si elle le détourne ne serait-ce qu’un instant, c’est foutu. La colère commence à se mêler à l’incompréhension. Toute cette colère qu’elle accumule depuis un mois contre lui, contre elle.

_ Pourquoi ?

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MessageSujet: Re: Qu'avons nous fait de nous ? # Leamon.    Dim 13 Sep - 18:29


what did happen to us ?

Ses yeux m'avaient manqué. Ou plutôt, le fait d'y plonger les miens m'avait manqué. Je n'osais plus le faire. Pas directement, en tous cas. Il m'arrivait tout de même de profiter qu'elle ait le regard plongé dans un livre, sur la télé, ou dans son assiette pour essayer de les attraper et de ne plus les lâcher. C'était toujours mieux que rien. Mais là, c'était différent. Elle ne regardait pas ailleurs, elle me regardait moi. Ca n'était pas arrivé depuis la nuit de mon anniversaire. Mais après toutes ces semaines, je ne réalisais que maintenant à quel point j'en avais besoin. Comme une soif insatiable - celle de nouer nos iris et de lutter pour ne pas qu'elles se détachent. Parce que j'aimais ses pupilles océanes, j'aimais me demander comment l'on pouvait avoir les yeux si bleus, j'aimais le fait qu'elle puisse faire de même avec les miens. En vérité, je ne l'aimais pas juste elle. Je nous aimais nous, tous les deux.

Voilà pourquoi je lui ai demandé de rester. Parce que je ne pouvais pas juste la laisser s'en aller. Je n'y arriverais jamais pour la bonne et simple raison que je n'arrivais même à l'imaginer - à imaginer une vie sans Eléanor Artega. Elle était là, elle était restée avec moi, et je ne pouvais tout simplement pas me résoudre à la laisser filer. Evidemment que ça n'avait aucun sens. Evidemment qu'elle du froncer les sourcils, probablement malgré elle. Je lui demandais de rester après des semaines passer à l'éviter, à faire bien attention aux mots que je choisissais, aux gestes que je faisais, faisant en sorte de ne pas mettre sur le tapis un sujet que nous - je ? - ne voulions pas aborder. Mais elle m'étais devenue vitale. Sa simple présence me suffisait, même si nos silences et nos conversations qui sonnaient faux me tuaient à petit feu. Et aujourd'hui, je lui demandais de rester, parce que c'était son départ qui sonnait faux. Même si elle n'était censée rester que l'espace de quelques temps, elle avait fini par s'installer, prenant ses habitudes. Elle avait une clef. Parce que c'était chez elle. Partir était absurde.

Elle se lève, et nous prenons tout deux bien garde à ne pas délier nos regards. Je ne dis rien, attends qu'elle parle, qu'elle réponde quelque chose. Qu'elle finisse par amasser tous ces papiers et les balancer par la fenêtre avant de me dire "ok, je reste. j'vais faire une omelette." Mais elle ne fait rien. Se contente de se tenir debout, face à moi, sans un bruit. Assourdissant, ce silence, comme tous ceux qui nous étaient tombés dessus depuis notre retour de Grèce. Je m'arrête de respirer quelques instants avant d'expirer, longuement mais le plus silencieusement possible. Mon coeur s'emballe, parce que je sens que le scénario idéal et loin, très loin de là où on se trouve.

Et puis, elle ouvre la bouche. N'en laisse s'échapper qu'un tout petit mot, qui me frappe comme une gifle. Je me mords la joue, pince mes lèvres, alors que nos yeux sont encore attachés. Son ton était sec, pas aussi doux que d'habitude. C'était à mon tour de ne rien dire, alors que tout se mettait à tourner dans ma tête, bien trop vite pour que cela puisse m'aider. Je me demande bien comment je suis censé lui répondre. La même question, celle qui se pose à chaque fois qu'elle me pose un piège tel que celui-là, s'écrit presque devant mes yeux. On parle, ou on se tait ? On joue franc-jeu, ou on continue notre beau petit jeu d'acteur qui dure depuis juin ? En vérité, une seule réponse logique m'apparaît. Trois mots qui tournent en boucle depuis bien trop longtemps. C'était la réponse qu'une homme imprudent aurait laissé sortir toute seule, sans en mesurer les conséquences. C'était sans compter sur ma prévoyance et mon amour pour la sécurité, qui formaient à toutes deux comme une barrière anti-sentiments. Dangereux, voilà ce que c'était. Parfois la vérité faisait plus de mal que de bien, je n'en avais que trop fait l'expérience. Ça pouvait tout foutre par terre.

Mais comme nos regards ne se déliaient toujours pas, et que le bilan de mon amitié avec l'espagnole se dessinait lentement, j'ai senti la barrière faiblir - tout comme celle qui m'empêchait de respirer. Tout était déjà par terre. J'avais tout fait exploser en me glissant hors des draps, ce matin là. Trop de fois je m'étais imaginé ce qui se serait passé si j'étais resté, si j'avais attendu. Trop de fois j'avais eu envie de filer des claques à la simple pensée que nous aurions pu en parler tranquillement et prendre une décision, plutôt que de passer le reste de nos jours à prétendre que rien n'était arrivé et que tout allait bien, ou presque bien. C'était absurde. Rien n'allait. On avait tout tué en se taisant pendant tout ce temps. Et je n'en pouvais plus, de me taire. « Parce que j'ai besoin de toi. » J'ai presque eu le courage d'attendre qu'elle me réponde quelque chose. Mais, une fois la barrière tombée, il fallait que tout passe par-dessus. « Parce que j't'aime, Léa. »
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MessageSujet: Re: Qu'avons nous fait de nous ? # Leamon.    Dim 13 Sep - 20:09





 Leamon
Je sais bien que tout nous sépare. Je sais qu’il faudrait s’enfuir. Mais je n’irai plus nulle part. Sans vouloir lui revenir. Sans vouloir nous retenir

Comment une personne pouvait nous manquer alors que vous la voyait tous les jours, alors que vous habitait avec, que vous dormait à quelques mètres à peine d’elle ? La petite espagnole ne pensait pas que cela puisse être possible jusqu’à aujourd’hui. Ça faisait déjà tellement de temps que ça durer, ce petit jeu entre eux, à celui qui arrivera à éviter le mieux l’autre, qui arrivera à tenir la conversation la plus ‘normal’. Et Eléanor, en fille stupide et amoureuse qu’elle pouvait être ne cessait de faire comme si de rien n’était, parce que c’était ce qu’elle croyait que Szymon voulait. Parce qu’il avait fuit, sans prendre le temps de lui dire quoi que ce soit après avoir partagé le même lit, parce qu’il n’avait pas eu envie, ou même oser, c’était la même chose, en parler depuis qu’ils étaient rentrés. Et pour tout cela, pour ne pas souffrir encore plus, Léa ne disait rien. Elle cherchait à fuir, elle aussi, en cherchant un appartement, en voulant partir du seul endroit qu’elle ne voulait jamais quitté, du seul endroit où elle se sentait vraiment chez elle. Tout ça à cause d’une nuit. La plus merveilleuse qu’elle ait pu vivre, mais une seule nuit tout de même.

Le fait qu’il réponde, qu’il lui demande de rester avait choqué la belle brune, qui ne s’attendait clairement pas à cela. Après tout, ces dernières semaines, passés à ne pas se parler, à s’éviter, à ne pas oser même se regarder, comment aurait-elle pu penser qu’il voulait qu’elle reste, que ça continue ainsi, encore et encore ? Non elle ne pouvait pas savoir, tout comme Léa ne savait pas ce qu’il pouvait ressentir, tout comme il ne savait pas qu’elle l’aimait à en crever. Parce qu’ils n’osaient parler, ni l’un, ni l’autre. L’espagnole ne connaissait pas l’amour, pour elle ce n’était bon que pour les enfants, les contes de princes et princesses qui trouvent le bonheur en un regard et qui sont heureux toutes leurs vies. Mais très vite, la jeune fille c’était rendue compte que ça ne se passait pas comme ça, loin de là. Toutes ces histoires n’étaient qu’un ramassis de conneries et elle s’était laissé avoir. Alors un soir, pendant qu'elle écoutait un garçon tentait de la mettre dans son lit par de jolie paroles, elle se promit de ne jamais laissé quelqu’un lui prendre son cœur. Qu’elle le garderait, pour elle, pour que personne ne puisse lui faire mal. Cela avait marché, durant quelques mois, quelques années. Des garçons, elle en avait connus, mais jamais aimé. Jusqu’au polonais. La demoiselle se demandait encore si c’était le fait qu’elle soit si proche de lui, ou si c’était à cause des hormones liés à sa grossesse, mais elle avait commencé à aimé. A l’aimé. Lui et personne d’autre. Tout en sachant qu’elle ne pourrait pas l’avoir. Parce qu’elle était sa meilleure amie. Parce qu’elle était maman. Parce qu’il aimait quelqu’un d’autre. Mais alors pourquoi cette nuit d’égarement ?

Eléanor finit par se lever, ne tenant plus en place, se sentant trop petite, trop oppressé par la pièce, l’air et les paroles qui y flottaient encore. Rester. Pourquoi ? C’était tout ce qui trainait dans sa petite tête, et à force d’en faire le tour, elle finit par sortir dans sa bouche, d’un ton qui n’était pas des plus doux. S’en était finit d’être douce et gentille, de le laisser lui piétiner le cœur comme si de rien n’était. Son regard ne quitte pas le sien, elle le regarde si fort qu’elle espère pouvoir lire la réponse à sa question dans son esprit, mais ce n’est pas un Jedi la petite Eléanor, elle n’a pas de super pouvoir. Sinon elle aurait eu celui d’avoir un cœur indestructible. La colère monte peu à peu dans son corps, dans ses veines, l’échauffant bien trop facilement alors que le silence perdure. Merde ce n’est pas si compliqué de répondre non ?!? « Reste avec moi parce que c’est plus simple de partager le loyer. » « Reste avec moi parce que je sais que ça t’arrange. » « Reste avec moi parce que je ne veux pas rester seul, au moins le temps que ma sœur revienne. »

Il y en avait pleins des réponses qu’elle aurait accepté la petite brune, sans jamais penser à celle qu’elle voulait vraiment entendre mais dont elle savait qu’il ne dirait jamais, parce que ce n’était pas possible, tout simplement. Comment cela aurait-il pu l’être ? Elle attend, l’enfant, encore et encore, son regard sondant celui de son meilleur ami, n’y discernant rien qui puisse l’aider, la calmer ou la rassurer, parce qu’elle ne sait absolument pas à quoi s’attendre, ne sait pas quoi penser de tout cela. Soudain, sans pouvoir en dire la raison, Léa sent que c’est sur le point de changer. Peut-être quelque chose dans le comportement de Szymon qui lui fait dire qu’il va prendre la parole, qu’il va enfin dire quelque chose. Mais c’est le cas. Et ces premiers mots la percutent de plein fouets, la faisant reculer de quelques pas. Les seconds, l’abattent. Littéralement. Sa tête se met à lui tourner et elle se demande à quoi il peut bien jouer.

Eléanor pose alors la main sur le dossier de la chaise qu’elle vient de quitter, pour ne pas tomber à la renverse, parce qu’elle a du mal à croire ce qu’elle vient d’entendre. Ses yeux se font plus sombres alors qu’ils se posent de nouveau sur le polonais. Durant quelques secondes, elle n’arrive pas à parler. Tellement de choses se bousculent dans sa tête que si elle ouvre la bouche, ça risque de ne pas être compréhensible. Finalement, Léa souffle un bon coup et prend la parole. Plus durement qu’elle ne le voudrait, trop prise par la colère, par les questions.

_ Quoi ?

Ses mains se mettent à trembler, sa voix aussi. Parce que j't'aime, Léa. Ce n’est pas possible. Comment peut-il dire ça ? Pourquoi maintenant et pas quand ils étaient en Grèce, dans les bras l’un de l’autre. Pourquoi ne pas l’avoir dit alors qu’elle était prête à l’entendre, qu’elle n’attendait que cela.

_ A quoi tu joue Szymon ? T’essaie de m’faire souffrir c’est ça ? T'en as pas fait assez ?

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MessageSujet: Re: Qu'avons nous fait de nous ? # Leamon.    Dim 13 Sep - 21:14


what did happen to us ?

Jamais des secondes ne m'avait paru aussi longues. Même pas celles où j'avais du attendre, debout dans l'allée de l'avion, avant de pouvoir descendre et d'enfin poser le pied sur le territoire britannique. Même pas celles où j'ai attendu qu'Ismaëlle me reconnaisse, l'hiver dernier, lors de nos retrouvailles. Même pas celles où j'avais attendu que Lukas vienne au monde, que Léa se réveille, qu'une solution me vienne alors que j'étais toujours allongé dans ce foutu lit, avec son corps tout contre le mien. Celle-là était réellement les plus longues que j'avais connues jusqu'ici. Parce que je venais de vendre mon âme au Diable. J'avais désobéit à ma conscience si prudente pour laisser parler ce que je ressentais plutôt que ce que je pensais. J'avais laissé s'échapper la petite phrase qui trottait dans ma tête depuis des mois. Enfin. Et, pendant un court, très court instant, ça a fait du bien. C'était tout un poids qui se retirait soudainement de mes épaules. C'était encore plus libérateur que lorsque je l'avais admis devant Anakin. Comme si ça voulait dire que je n'aurais plus rien à lui cacher, plus jamais.

Et puis, ma conscience a fait son grand retour. Me rappelant à l'ordre, alors que l'espagnole recule, s'appuie sur une chaise. Presque par automatisme, je me lève de sur le comptoir, prêt à aller l'aider à se tenir debout, comme d'habitude. Mais c'est comme un voyant rouge qui s'allume alors dans ma tête, quand elle retire son regard de dans le mien. Mauvaise idée. Le lien s'était rompu, tout comme tant d'autres choses encore. J'ai fermé les yeux, ait récité mentalement les vulgarités que je connaissais, dans toutes les langues que je connaissais. Je le savais. Ça ne pouvait être qu'une mauvaise idée. J'avais baissé ma garde pendant un tout petit instant, et voilà où ça nous emmenait. Nouvelle preuve que ne rien en avoir à foutre n'était pas la bonne solution. Jamais. Rien ne valait une conscience raisonnable.

Elle reprend la parole - de ce même ton sec et violent qu'elle avait pris tout à l'heure. Elle avait parfaitement entendu - sinon, elle n'aurait pas mis tout ce temps à trouver quoi répondre. Alors je n'ai rien dit, me suis contenté de jurer encore, à voix haute cette fois. Je me suis retourné pour attraper un torchon pour essuyer mes mains, bien décidé à laisser tomber ma vaisselle, prendre un manteau et aller prendre l'air. Filer, encore une fois. Échapper à ce qui nous attendait parce que trop effrayé pour l'affronter. Je savais ce qu'Eléanor avait pu ressentir, tout le long de sa grossesse, alors qu'elle se répétait qu'elle ne pourrait pas y arriver. Cette sorte de flemme de vivre, de se planter devant le fait accompli, de prendre pleine conscience de ce qui nous arrivait et surtout, de vivre avec. Je ne voulais pas vivre avec ce qui allait sûrement me tomber dessus. Alors je voulais partir, dehors, chez Ani, peu importe, juste ailleurs. Facile. Ignoble, mais facile.

Cependant, je n'avais pas encore fini de retirer la mousse de sur mes mains quand elle parla de nouveau. Je n'ai pas réussi à me retenir de jurer encore une fois, de me retourner et de vivement balancer le torchon sur le sol. Je ne savais pas d'où me venait cette colère, tout d'un coup. Tout ce que j'avais senti venir, c'était ce besoin de tout cracher, de tout laisser partir histoire de me sentir plus léger et de réussir à gérer tout cela dans le calme et la réflexion. Deux choses qui m'avait quitté à l'instant où nos regards s'étaient déliés. « J'joue à rien du tout ! On n'est pas tous des manipulateurs, Elé, tu l'sais très b... Non, tais-toi, laisse moi parler. » Je la connaissais assez pour savoir qu'elle ne pourrait pas s'empêcher de m'interrompre et de riposter. « Ça fait trop longtemps que j'me tais pour que tu m'coupes à chaque phrase. » Trop longtemps que je me retenais de tout laisser sortir à l'air libre, évitant ainsi d'en arriver à des situations telles que celles-ci. « Je sais pas pourquoi j'me suis tiré, c'matin là. J'ai flippé. Pas parce que je me suis dit que t'allais commencer à te faire des films sur nous et tout. Au contraire. J'ai eu peur que ça soit une nuit de plus, tu vois, alors que c'était tellement, tellement plus que ça. » Fallait que ça sorte. Encore une fois, plus les mots défilaient, plus je me sentais léger, plus je m'éloignais du nuage gris qui nous surplombait depuis notre retour de Grèce. « J'me suis tiré parce que j'ai eu peur de me maraver la gueule une fois qu'on ait parlé. Que je me prenne un gros panneau stop en pleine figure. » J'ai passé une main sur mon visage, parce que tout d'un coup, je n'en pouvais plus de parler, de tout lui dire, parce que ça équivalait à signer mon arrêt de mort, à mes yeux. « J'suis parti parce que je t'aime. Et j'ai eu peur que ça soit totalement hors sujet, tu vois ce que je veux dire ? Que ça n'explique pas ce qui s'est passé, pour toi en tous cas, et que je doive vivre avec ça. J'ai eu peur. C'est tout. » Je me suis rassis contre le plan de travail, me rendant soudain compte que ma dernière phrase avait été la seule que je n'avais pas crié. J'ai soupiré, levant encore une fois les yeux vers les siens, plus effrayé que jamais à l'idée qu'ils se repoussent comme des aimants identiques. « Pardon. » Celle-là, je l'avais chuchoté. Ma voix était fatiguée d'avoir crié, d'avoir avoué, de s'être rendue.
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MessageSujet: Re: Qu'avons nous fait de nous ? # Leamon.    Dim 13 Sep - 22:55





 Leamon
Je sais bien que tout nous sépare. Je sais qu’il faudrait s’enfuir. Mais je n’irai plus nulle part. Sans vouloir lui revenir. Sans vouloir nous retenir

Le temps s’était comme arrêté. Tout ce qu’elle avait rêvé d’entendre depuis des mois résonnait aux oreilles d’Eléanor. Et pourtant cela avait comme un arrière gout amer. Parce que ce n’était pas le bon moment, peut-être parce que c’était trop tard ? Pourquoi maintenant alors qu’en Grèce aurait été le parfait moment. Pourquoi maintenant qu’elle avait décidé de partir et Szymon faisait tout pour la retenir. Trop tard… Ca se répétait encore et encore dans sa tête, dans son cœur. Mais avaient-ils vraiment passé le point de non retour ? Allait-elle pouvoir partir ainsi, sans même un regard un arrière, avec les mots du polonais qui restaient encore en suspens autour d’eux ? Allait-elle partir et laisser sa chance d’être heureuse, pour une fois, de fonder une famille avec son meilleur ami, qui était déjà tout pour elle, le parrain de son fils. Non elle ne pouvait pas, pas comme ça, pas alors qu’elle était éperdument amoureuse. Pourtant Eléanor ne pouvait s’empêcher d’être en colère, qu’il lui ait fallu autant de temps pour se mettre à parler, pour lui avouer ses sentiments. Alors qu’elle-même ne l’avait pas fait. C’était égoïste et totalement hypocrite de sa part, mais tellement facile de lui en vouloir pour quelque chose qu’il avait enfin eu le courage de faire et pas elle.

Les secondes passées, toutes plus longues les unes que les autres. Eléanor avait tout oublié au moment où elle avait entendu le mot aimer, la présence de Lukas, dans la pièce d’à côté, les papiers et les appartements qu’elle avait visité, quelques heures à peine auparavant. Tout. Absolument tout. Seule la colère arrivait à se faire une place parmi le chaos de la situation. Après d’être reprise, Léa s’en voulut d’avoir lâché des yeux le regard du polonais. Mais il était peut-être mieux qu’il ne voit pas le feu qu’il avait allumé dans ses prunelles. Un océan en pleine tempête, voilà ce qui devait se représenter dans son regard. Se laissant contrôler par le mauvais sentiment, la brune se remet à parler, l’accusant à tord et à raison. Jamais il n’avait voulut ça, elle le savait. Il avait été le premier à l’encourager à garder son enfant, il l’avait accueilli, dans son appartement, dans sa famille, dans son cœur, elle et son petit bébé. Il l’avait accompagné à son échographie, l’avait sortit pour lui faire changer les idées, était venue la chercher alors qu’elle allait au plus mal, lui avait tenu la main dans le moment le plus difficile de sa vie. Alors pourquoi voudrait-il lui faire du mal à présent ? C’était complètement absurde, mais la petite espagnole ne raisonnait plus clairement. Il fallait que ça sortes, tout ce qu’elle avait sur le cœur depuis bien trop longtemps. Il fallait qu’ils parlent et apparemment le moment était venu.

Une chose arrive à sortir de sa bouche. La seule qui pour l’instant est un tant soit peu de sens. Elle cherche à comprendre, comment ils en sont arrivés là. Et pas seulement aujourd’hui. Comment tout se merdier avait bien pu commencer… Elle l’entend jurer, et cela l’aurait bien fait rire si elle n’était pas aussi en colère, contre lui, contre elle, le monde entier, elle ne pouvait même plus le dire. C’était juste de la colère qui s’échappait librement par ses yeux, par son corps, par ces paroles. Incontrôlable. Son regard est irrémédiablement attiré par son meilleur ami, qui s’essuie les mains. Puis elle se met à parler, encore, et il faudrait qu’elle regrette ce qu’elle vient de dire, mais il est trop tard. Elle le voit dans son regard à Lui, dans son geste plein de colère lui aussi. Les larmes lui montent aux yeux et elle se fout complètement qu’elles coulent ou pas. Mais non, elles restent là, à lui brouiller la vue. Tout simplement. Ses yeux se baissent, suivent le trajet du torchon jusqu’au sol avant de se reporter sur le visage de Szymon. Pourquoi en ce moment même était-elle autant attirée par lui ?

Il se remet à parler et cela soulage Eléanor, elle n’aurait su quoi dire de plus. Mais ce qu’elle entend, ça la fait trembler d’autant plus. D’où vient ce feu qu’il l’anime tout d’un coup ? Ses mots font mal, la demoiselle les prend pour elle, sans même savoir pour quoi. Elle ouvre la bouche, s’apprête à parler, à répliquer, plus fort que Szymon, mais il la prend de court et elle le regard, bouche bée. Jamais elle n’a vu son meilleur ami ainsi. Cela suscite autant d’admiration que de peur. Sont-ils en train de tout gâcher ? N’aurait-il pas mieux valut qu’ils ne disent rien ? Alors la brune attend, impatiemment, qu’il est terminé sa tirade. Enfin il en parle, de ce matin là, où elle s’était réveillée toute seule et nue dans le lit qu’elle avait partagé avec son meilleur ami. Il s’explique, se justifie, et dans le fond elle le comprend, n’aurait-elle pas fait la même chose si elle s’était éveillé avant le polonais ? Possible, mais pas certain, peut-être pas cette fois. Nul ne pourrait le dire désormais.

Eléanor sent monté une boule dans son estomac, alors que les paroles du jeune homme la frappe avec de plus en plus de force. « J'ai eu peur que ça soit une nuit de plus, tu vois, » Que voulait-il dire par là ? Elle n’osait pas imaginer le pire, pourtant le sens se faisait si visible et ça la mettait en rogne, la brune. Jamais elle n’avait été aussi blessée. Jamais. Pas même alors qu’elle se fondait dans la nuit pour rentrer chez elle après avoir passé quelques heures avec un garçon dont elle ne se souvenait même plus du nom et de moins en moins du visage. Mais Szymon… Avec lui ce n’était pas la même chose, et il aurait du le savoir. Il était censé la connaître mieux que ça. Peut-être était-ce le cas finalement. Peut-être que c’était à Léa de faire face à la réalité. Elle n’était que ça. Une fille qui passait la nuit et jamais plus. C’était avant. Avant tout ça. avant Lukas. Ne s’en était-il pas rendu compte ? Sa voix se fit plus lente, plus calme aussi. Et la dernière chose, Eléanor faillit ne pas l’entendre. Ça lui glaça le sang. Qui s’échauffa aussi vite. Cette colère, il fallait qu’elle la laisse sortir une bonne fois pour toute.

_ Pardon ? Vraiment Szymon ? T’aurais pas eu à t’excuser si t'étais pas partit comme ça, si t'avais pris le temps de rester, de discuter avec moi.

Elle trépignait l’espagnole, lâcha tout, les paroles qui lui emplissait le cœur depuis bien trop longtemps.

_ T'sais comment ça ma fait mal de voir qu't’étais plus là ? T'sais comment j’me suis sentie en voyant qu'tu m’avais laissé ? Comme une merde Szymon. Parce que tu m’as fait redevenir la fille qu'j’étais avant, celle qui passait une nuit avec un garçon avait d'se barrer pour ne plus jamais le revoir. Mais c'est plus moi ça ! Tu devrais le savoir. Tu devrais savoir qu'j'n’aurais jamais fait ça, pas avec toi, pas à toi. Merde Szymon, tu es mon meilleur ami, jamais j’t’aurais fait ça…

Sa voix avait faiblit, en même temps que les larmes se mettaient à lui couler le long des joues. Trahis, blessés, voilà comment elle se sentait. Parce que celui qui la connaissait le mieux n’avait pas su voir ce qui crevait les yeux pourtant. Elle était amoureuse, elle avait couché avec lui parce qu’elle le voulait, parce qu’elle le désirait plus que tout, parce qu’elle voulait partager un moment de tendresse avec celui qu’elle aime. Jamais, même sous l’influence de l’alcool Léa ne l’aurait avec lui si elle n’en avait pas eu envie… Et il n’avait pas réussi à s’en rendre compte… Alors elle craqua, s’effondra carrément pour finir à genoux. Jamais elle n’avait été aussi faible.

_ C’était pas juste une nuit comme ça… J’avais peur moi aussi, peur d'tout gâcher, peur d'me dire qu'tu voulais que ça d'moi et qu'je devrais vivre avec. J’étais prête à le faire, être seulement ton amie si t'avais voulu ça. Il suffisait d'me le dire. Bordel je t’aime Szymon, depuis des mois j'crève d’amour, à chaque fois qu'je me couchais à tes côtés, à chaque fois qu'je te touchais sans le faire exprès, j'croyais que mon cœur allait s’arrêter pour ne jamais se remettre à battre.

Ses mains tremblantes se levèrent vers son visage, pour en essuyer les larmes qui ne cessaient de couler, pour se cacher aussi, parce qu’elle avait honte, l’enfant, d’être aussi faible, de ne pas avoir eu le courage de parler avant, de s’être emporté contre lui, parce qu’elle avait peur aussi, de tout avoir gâché entre eux…

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MessageSujet: Re: Qu'avons nous fait de nous ? # Leamon.    Lun 14 Sep - 8:44


what did happen to us ?

J'entendais encore mes mots flotter alors qu'elle continuait de ne rien dire. J'avais déclenché tout ce déluges de phrases et d'aveux, et je le regrettais déjà amèrement. Tout d'un coup, le silence dans lequel nous nous murions depuis tout ce temps semblait bien plus confortable que celui qui s'était abattu sur nous à cet instant, celui qui faisait s'évaporer mes mots au fur et à mesure qu'il prenait du terrain. Trop d'éléments prouvaient désormais que se taire, ériger un mur derrière lequel se cacher, était beaucoup plus prudent que de laisser parler autre chose que son bon sens et sa prudence. J'avais baissé ma garde, creusé un trou dans ce foutu mur, et voilà où j'en étais. A devoir la regarder trembler, à devoir me retenir de courir essuyer ses larmes, comme je l'avais si souvent fait.

Et, après de nouvelles éternelles secondes, elle s'est décidée à prendre la parole à son tour - sans que je puisse savoir si c'était une bonne chose ou pas. Je ne l'avais que très rarement vu dans un état de colère pareil, et ça me faisait presque peur. J'avais réussi à réveiller quelque chose qu'elle gardait endormi depuis Dieu seul savait combien de temps, et quelque chose me disait que ça n'avait rien de bon. J'ai de nouveau fermé les yeux, réussissant cette fois à retenir un juron. Le visage dans mes mains, je me suis laissé glisser contre les portes du plan de travail, pour me retrouver assis sur le sol, les jambes repliées contre moi, achevé par les mots qu'elle me lançait presque aussi vivement et douloureusement que des couteaux. Je le savais, tout ça. Je savais qu'elle avait eu mal. Sinon elle n'aurait pas agi comme une étrangère après être rentré. Elle n'aurait rien changé, serait partie du principe que cette nuit-là n'avait rien à voir avec ce que l'on était le reste du temps. Je savais aussi qu'elle avait changé, qu'elle avait laissé la Léa que tout le monde connaissait pour devenir quelqu'un d'autre. Je le savais, parce que j'avais été témoin de cette métamorphose. Elle avait plus grandi en six mois qu'elle ne l'avait fait en vingt ans, et je ne dirais jamais assez à quel point c'était admirable. Je savais aussi qu'elle ne m'aurait jamais pris pour un type de plus, puisque c'était la seule formulation qui me venait à l'esprit.

Sa voix s'était presque brisée alors qu'elle s'est arrêtée quelques seconde, juste le temps de se retrouver à terre, elle aussi. Sur les genoux, les joues trempées de larme, elle était méconnaissable. Elle n'avait plus l'air aussi furieuse qu'auparavant. Là, tout de suite, maintenant, elle était comme moi. Fatiguée. Fatiguée de crier, fatiguée de parler, fatiguée de se dresser juste en face de ce qui nous hantait et nous gâchait la vie. Ca faisait mal, d'affronter ses angoisses - et il suffisait de nous regarder, tous les deux avachis, faibles, pour s'en rendre compte.

J'ai relevé la tête une nouvelle fois, sortant mes yeux du noir auxquels ils s'étaient déjà habitué. Les mots qu'elle disaient, cette fois, n'étaient plus lancés, mais doucement glissés vers moi. Ils m'atteignaient, mais j'ai eu du mal à les intégrer. C'était comme si, tous côtes à côtes, ils n'avaient absolument aucun sens. Elle a terminé. A enfoui son visage dans ses mains. N'a plus rien dit. Pendant ce temps-là, mon cerveau tournait étonnamment rapidement, essayant d'assimiler ce qu'il venait de se passer. Je l'avais dit. Elle l'avait dit. J'hochais la tête doucement, attendant le soulagement et le bonheur, censé venir me submerger. Mais ils ne sont pas venus tout de suite. Il y a eu ce moment de flottement, celui où je ne ressentais absolument plus rien - ni la colère, ni la tristesse, ni la fatigue. Tout m'avait quitté. Seuls restait la conclusion qui s'était dessinée lentement et mélodiquement dans ma tête. On s'aimait. Les mots me manquaient. Que répondre à une déclaration pareille ? Elle avait anéanti toutes mes capacités à réfléchir et à ressentir quoique ce soit. Pour l'instant. J'ai eu peur, tout d'un coup. Peur que finalement, ça ne soit pas ce que je voulais. Que je m'étais trompé, que tout n'ait été que simple illusion.

Mais alors que je reposais le regard sur elle, elle qui était toujours dissimulée par ses doigts, j'ai senti un sourire se dessiner. J'ai repensé à la fête pour la naissance du royal baby, où elle était littéralement tomber dans les pommes alors que j'avais fait croire à Lana que nous étions un couple. Un couple amoureux. Je repensais à cette nuit où j'avais du aller la chercher je ne sais où, après une soirée beaucoup trop arrosée pour une femme enceinte, et qu'elle s'était approchée de mes lèvres de manière presque naturelle. Certains autres petits détails s'accumulaient, rendant ma tête pleine de nouveau. Je me suis levé, tant bien que mal, ai rejoint l'endroit de la cuisine où elle s'était effondrée, me suis assis juste en face d'elle. Je l'ai regardée encore un peu, profitais de cet instant silencieux encore un peu. Avant de finir par prendre ses mains dans les miennes, les retirer de devant ses yeux, de faire en sorte qu'elle les fixe sur moi. Et je lui ai souri. Parce que tout irait bien, maintenant. J'ai passé mes bras atour de son petit corps recroquevillé, l'attirait contre moi avant de fourrer mon visage dans ses cheveux. « J'aurais pas du partir. J'aurais pas du. J'suis désolée, Léa. J'partirais plus, j'te l'jure. » Je chuchotais, probablement parce que mon coeur ne m'autorisait pas à parler plus fort. Ces mots, ils n'étaient que pour elle. Que pour nous. « Pars pas non plus. J't'en supplie. » Reste. Pour toujours.
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MessageSujet: Re: Qu'avons nous fait de nous ? # Leamon.    Mar 15 Sep - 13:28





 Leamon
Je sais bien que tout nous sépare. Je sais qu’il faudrait s’enfuir. Mais je n’irai plus nulle part. Sans vouloir lui revenir. Sans vouloir nous retenir

Dévastée. Voilà tout ce qu’elle était Eléanor. La jeune femme avait été bien des choses, mais jamais cela. C’était la première fois qu’elle était aussi en colère, qu’elle était aussi mal, son corps tremblait sans qu’elle puisse n’avoir le moindre contrôle. Les larmes, elle n’arrivait même plus à les retenir et les laisser couler librement le long de ces joues. Tout comme les mots qui sortaient de sa bouche. Elle en avait besoin, de parler, de dire tout ce qu’elle avait sur le cœur depuis bien trop longtemps, depuis cette fameuse nuit qui avait finalement tout gâché entre eux. Jamais la brune n’aurait pensé en arriver là, même lorsqu’elle avait apprit sa grossesse, cela avait été moins difficile. Parce qu’au fond d’elle, elle avait sut qu’elle pouvait y faire quelque chose, qu’elle avait le choix et qu’elle en assumerait les conséquences la tête haute. Mais là… Elle ne savait pas quoi faire. Alors elle continua de parler, d’expliquer, de laisser sortit sa colère jusqu’à ce que sa voix se brise et elle aussi.

Léa tomba a terre, resta sur les genoux alors qu’elle reprenait la parole, disant à son meilleur ami ce qu’elle n’aurait jamais cru pouvoir dire. Ce n’était pas si difficile en fin de compte. Une fois qu’elle avait commencé, le reste était venu tout seul. Des mots plus blessants que les autres, surtout pour elle. Jamais elle n’avait voulut en arriver là, au point d’éviter celui qui comptait le plus pour elle après son fils, celui sans qui elle n’aurait pas réussit à devenir celle qu’elle était aujourd’hui. Tellement différente de l’Eléanor qu’elle avait put être durant des mois, des années. Ce n’était plus la jeune fille perdue qui cherchait sa voix, qui faisait toutes les conneries possibles et inimaginables pour se sentir vivante au moins le temps d’un instant. Elle revenait peu à peu Néréa, une fille bien, qui prenait ses responsabilités, qui était une mère, une bonne mère pour son enfant. Mais des deux, il y avait encore une jeune femme qu’elle n’avait jamais été : l’amoureuse.

Parce que oui, elle était amoureuse, elle le savait même si pendant longtemps Léa avait tenté de se convaincre que ce n’était pas le cas, que ça ne pouvait pas être possible parce qu’elle ne pouvait pas, ne devait pas. Comment pouvait-elle aimer son meilleur ami alors que lui avait des sentiments pour une autre, comment pouvait-il rêver vivre une histoire d’amour alors qu’elle était maman. Qui aurait voulu d’elle et de son bébé ? Szymon. Depuis le début et pour toujours. Il le prouvait une nouvelle fois aujourd’hui en lui avouant son amour, ce qui la mit à terre, ce qui la rendait faible. Parfois c’était bien d’être faible, n’est-ce pas ? Toujours à genoux, n’osant même pas relever les yeux vers son meilleur ami, la brune continuait de parler, prononçant des mots qu’elle n’avait dits à aucun garçon avant elle. Même ses parents n’y avaient plus eu le droit depuis bien des années. Elle aimait. Elle L’aimait.

Une fois tout cela sortit, Eléanor essuya ses larmes, mais il y en avait de nouvelles, sans cesse. Alors elle se cacha le visage entre ses mains, parce qu’elle avait mal, parce qu’elle avait honte et ne voulait pas qu’on la voit ainsi. Qu’Il la voit comme ça. Un sanglot lui comprima le torse, sans savoir si elle devait le laisser sortir ou le ravaler. Ça faisait tellement mal. Alors qu’elle aurait du être contente non ? Ne venaient-ils pas de s’avouer leur amour mutuel ? Ne devraient-ils pas se jeter dans les bras l’un de l’autre et être heureux ? Pourquoi ce n’était pas aussi facile que ce que l’on pouvait voir dans les films. Que des mensonges, que des rêves. La vie n’avait rien de si facile et l’amour l’était encore moins. Finalement le sanglot sortit, et Eléanor se sentit soulagée, laissa libre cours à ses larmes et tenta d’oublier tout ce qui se trouvait autour d’elle. Mais elle ne pouvait pas l’oublier lui.

L’espagnole n’osa pas relever la tête, elle avait peur de croiser son regard et y voir quelque chose qui lui aurait fait encore plus de mal. Alors elle resta cachée derrières ces longs et fins doigts. Son cœur se mit à battre un peu plus vite, un peu plus fort en entendant du bruit. Du mouvement. Szymon s’était mis à bouger et elle avait peur de voir ce qu’il ferait. Ses pas se dirigeaient vers elle, et durant quelques secondes, elle crut qu’il allait la dépasser et la laisser là, affalé sur le sol de sa cuisine. Mais il n’en fit rien. Bien au contraire. Elle sentit sa présence près d’elle. Si proche. Puis des secondes de silences et d’attentes, avant que des doigts n’attrapent ses poignets, force ces mains à quitter son visage. Elle ferma les yeux un peu plus forts. Puis de les ouvrir. Pour faire face au polonais. A son sourire. Comment arrivait-il à sourire ? Son regard capta ses prunelles et s’y fixèrent si facilement que cela en était déconcertant. Léa se laissa faire alors que Szymon l’attirait à lui, la prenait dans ses bras, enfouissant son visage dans son cou, dans ses cheveux. La demoiselle n’osa rien faire, ne sachant pas quoi faire, puis elle laissa parler son corps et ses bras passèrent autour du jeune homme pour le serrer fort. Peut-être même un peu trop fort.

Les mots, elle les saisit parfaitement, alors qu’ils étaient simplement chuchotés. Elle ne le serra que d’autant plus, pour lui dire qu’elle le croyait, qu’elle le savait qu’il ne la laisserait pas. Il ne l’avait jamais fait jusqu’à présent, pourquoi le faire maintenant ? Une demande, une supplique. La brune recula de quelques centimètres, juste assez pour que son visage se retrouve tellement près du sien que leurs souffles se mêlaient. Elle leva les yeux jusqu’aux sien et s’y accrocha alors que les mots sortaient tout seul de sa bouche, sans même qu’elle n’ait à y penser.

_ J’peux pas.

Un souffle.

_ Partir.

Un nouveau souffle.

_ J’peux pas sans toi…

Puis une idée qui la traverse, une envie qui prend possession de son corps, qui l’enflamme et à laquelle Léa ne peut résister. Son visage s’approche une nouvelle fois de celui de son meilleur ami, mais pour cette fois lui cueillir un baiser.


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MessageSujet: Re: Qu'avons nous fait de nous ? # Leamon.    Jeu 17 Sep - 22:22


what did happen to us ?

Nombreuses avaient été les fois où je m'étais imaginé ce jour, et cet instant en particulier. Celui où j'arrêterais enfin de me cacher comme un lâche derrière les murs que j'avais érigés, une fois de plus, pour empêcher mes sentiments de se déverser autour de nous et de noyer notre amitié. Amitié qui m'était bien plus que précieuse. Jamais je n'avais réussi à trouver une réponse à la question qui n'avait cessé de m'effleurer, depuis le jour de la naissance de Lukas - ce jour où je tenais sa main dans la sienne alors qu'elle perdait conscience petit à petit : qu'est-ce que je ferais sans elle. Pas dans le sens où elle m'était simplement d'une bonne compagnie, d'une grande aide, où je ne sais quoi qui faisait que l'on avait besoin de quelqu'un à ses côtés. Non, plutôt dans le sens où, jours après jours, elle était devenue essentielle, vitale. Les pires scénarios s'étaient dessinés dans ma tête, tous ces jours passés à l'hôpital. Je me souvenais vaguement qu'il en avait été de même quelques semaines plus tôt, au milieu de la mer, alors que j'avais eu peur de ne jamais la revoir remonter à la surface. Aucun ne me semblait supportable au point de pouvoir continuer à vivre. Parce qu'en encore une fois, elle m'était littéralement vitale.

Et elle le devenait un peu plus à cet instant précis, alors que finalement, elle laissait s'écrouler sa façade, elle aussi. Une façade que je n'avais même pas remarqué, aveuglé par l'amour que j'avais pu lui porter. Et, comme prévu, on s'est noyé. Dans quoi, je ne saurais trop le dire. Il y a juste eu ce petit moment de flottement, pendant lequel aucun de nous deux n'a rien pu faire d'autre que rester assis sur le sol de la cuisine, et réfléchir à ce qu'il venait de se passer. Tout sentiment m'avait quitté - mais il m'avait suffit d'un regard pour que tout revienne me submerger. C'est ce qui m'a poussé à sortir de cette transe étrange dans laquelle nous nous étions tous les deux coincés. Je me suis levé, ai fait quelque pas, avant de m'asseoir juste devant elle et de retirer ses doigts de devant ses yeux, l'empêchant de se cacher ne serait-ce que quelques secondes de plus. Encore une fois, nos yeux se retrouvèrent attirés, sans que nous puissions y faire quoique ce soit. Avant de lui adresser un sourire, minuscule cependant, et de l'attirer contre moi. Premier contact volontaire depuis des semaines, j'ai eu cette sensation que j'avais quand je retrouvais mon lit après un long voyage, mes parents quand je retournais là-bas, parfois, l'espace de quelques jours : cette impression que tout redevenait comme avant, que pour un temps plus ou moins long, tout serait comme ça devrait être. Quoiqu'il en soit, une simple étreinte signifiait tellement plus. J'avais presque l'impression que ça ne s'arrêterait jamais, que l'inverse serait absurde.

Elle m'a rendu mon étreinte, m'a serré plus fort qu'elle ne l'avait jamais fait. Je n'ai pas protesté, ne l'ai pas serré plus fort non plus. Je me suis contenté de garder une main dans son dos, une autre dans ses cheveux, et mon cou coincé entre son épaule et son cou. Les mots s’échappèrent de ma bouche, et ses bras ne se serrèrent que d'autant plus. Et cette fois, je rependis, l'attirant encore un peu plus contre moi, faisant passer ses jambes autour de ma taille. Elle a simplement fait en sorte que nos visages soient face à face de nouveau. Enfin. Je pinçais les lèvres alors qu'elle se remit à parler, seulement par bribes, comme si après tous ce flots d'aveux, le simple fait de prononcer des mots lui demandait énormément d'effort. J'ai fini par hocher la tête, pour lui signifier que je comprenais, que j'enregistrais, que j'acceptais la petite phrase qu'elle venait de sortir, alors que je collais on front au sien, et que les battements de mon coeur se faisait plus rapide. Et bientôt, nos yeux s'étaient fermés, ses lèvres s'étaient posées sur les miennes. Moi, je faisais tout mon possible pour que ce baiser ne s'arrête pas, pour qu'il dure, longtemps, encore, toujours. Je ne l'ai interrompu que quelques millisecondes, le temps de pouvoir susurrer un « Je t'aime. » au creux de son oreille.

Et, alors que nous étions plus noués que jamais, je l'ai enfin ressenti, ce soulagement que j'avais attendu. Celui qui signifiait que je n'avais plus à m'inquiéter, que tout irait bien, que je n'aurais plus à me réfugier derrière ces foutus murs. Tous était tombés, nous permettant de nous trouver, nous retrouver, même. Je n'avais plus qu'à vivre selon ce que mon coeur me disait. Ce que j'aurais du faire depuis longtemps. Mais finalement, je ne regrettais pas de m'être tu, tout ce temps. Ca en avait valu la peine.
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